Human foetus in the womb, artwork

 

 

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C’est aujourd’hui que débute ma vie

Dans les profondeurs les plus reculées.

Personne encore ne sait que je suis ici

c’est un secret que je sais garder.

A grande vitesse mes cellules se multiplient,

Elles s’organisent selon un plan  tracé.

Dès aujourd’hui les choses sont définies

Mon ADN nous livre ses données.

Maman, je suis une fille, une petit Mélody.

Mon coeur bat un rythme scandé.

Mes yeux seront bleus maman chérie,

Mes cheveux blonds et bouclés.

Doucement mes organes prennent vie

Chaque jour ils gagnent en maturité.

Le médecin a mis maman au courant aujourd’hui.

Bouleversée, de joie elle a pleuré.

En son âme et conscience des choix elle a pris :

Dorénavant plus d’alcool du repos moins de café.

Je commence à entendre des bruits.

Je participe activement à vos soirées

En gesticulant un coup comme ça un coup comme ci.

C’est ma façon de me faire remarquer.

Les premiers mois utérins sont décisifs pour ma vie.

Mon corps est en travaux, un vrai chantier !

Quand bien même je suis encore un être tout petit,

J’ai déjà la forme d’un vrai bébé !

Tête, jambes, bras et tout ce qui s’en suit

Ne sont plus des bourgeons ébauchés,

Mais des parties de mon corps quasi finis.

Maman opte pour une alimentation équilibrée,

C’est primordial pour moi je l’en remercie.

Elle souhaite tant que je sois en bonne santé !

Les semaines passent, son petit ventre s’arrondit.

Son visage  est tout enrobé.

Elle a les yeux pétillants, c’est très joli.

Un sourire éclatant à faire rougir une armée !

Sa peau est douce, elle s’est embellie,

Une peau de pêche comme celle d’un bébé.

Ses cheveux soyeux se sont enrichis.

Elle prend soin d’elle, elle a raison,  elle le sait.

Nos corps en osmose fonctionnent en harmonie.

Je commence à voir des lueurs, à les discerner.

Je me rends compte qu’il y a différents coloris.

Du rouge sombre je suis encerclée,

Du clair lorsque le soleil éblouit,

La couleur chair du cordon que j’ai attrapé.

Mes oreilles captent des sons à l’infini :

Les tous premiers sont sont ceux du corps nourricier.

La respiration de maman, sa voix que j’apprécie,

Ses battements de coeur plus lents que les miens mais réguliers,

Les clapotis de sa digestion hé oui !

Tout ceci fait du bruit, un tapage journalier !

Je m’y habitue, ils sont des repères précis,

Tout cela devenant pour moi très familier.

Je sens différentes textures du bout de mes doigts touts petits :

Du liquide dans lequel je barbote volontiers,

A la douceur de ma peau quelque peu flétrie.

Je sens que mes os sont durs au toucher.

Mes mains agrippent le cordon élastique symbole de vie.

Elle attrapent mes pieds pour s’amuser.

Je suce mon pouce et m’habitue à la tétée ainsi.

J’en apprends des choses ! Que de nouveautés !

Toutes ces sensations je les explore à l’infini.

Les mois passent, je me suis retournée.

Mon poids est bon, ma croissance se poursuit.

J’ai parfois le hoquet et le ventre de maman a bougé.

Je sens sa main se poser dessus, d’être dans ses bras ça donne envie.

Lorsque je bouge beaucoup et que je suis agitée,

Ses mains, leurs pressions, leurs caresses j’apprécie.

Sa voix m’appaise, je me sens soulagée.

A présent, je suis à l’étroit, je me recroqueville.

Je suis lourde et maman a du mal à se déplacer.

Ma tête presse contre ton col en vue de la sortie.

Des contractions éparses commencent à arriver.

Mais ma venue n’est pas encore pour aujourd’hui.

La tête en bas depuis deux mois, je languis.

Je veux sortir, j’ai hâte de pouvoir respirer !

Maman, tu as du mal à dormir la nuit.

Tu te sens toute encombrée.

Patience maman, on a presque fini !

Ces derniers moments sont essentiels à ma santé.

Ce sont mes poumons qui achèvent leur maturité.

Naître maintenant entraînerait des soucis.

Repose toi, profite de tes derniers moments de tranquillité.

Alimente toi correctement,c’est essentiel à ma vie.

Ta valise est elle prête ? Ça y est il est temps d’y aller !

Nous ressentons les contractions et nous sommes assaillies.

Je suis comprimée et ma tête sur ton col vient s’écraser.

Tu as mal maman ? Moi aussi !

Tes contractions me poussent, mon coeur s’emballe il faut le surveiller.

C’est dur de se frayer un passage, le canal est petit.

J’entends tes gémissements. Tu souffres je le sais.

Je suis dans ton bassin, il faut que je trouve la sortie.

Il fait tout noir, j’etouffe je suis mal, il faut m’aider !

Encore une contraction, j’avance et je sens que tu pousses aussi.

Dans un de tes derniers cris de douleur, ma tête le seuil a franchi !

J’entends des voix de médecins t’encourager.

Tu me saisis par les épaules et tu libères le reste de mon corps encore pris.

Tu me hisses hors de ta matrice et c’est ainsi que j’ai quitté ton corps nourricier

Qui pendant neufs mois m’avais servi de logis.

C’est aujourd’hui que je suis née.

Je m’appelle Mélody.

 

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